Épidémiologie vétérinaire

Chef de service a.i.: 

Suivre l’évolution de la santé des animaux de rente pour une meilleure santé de l’homme

Sciensano étudie l’évolution des maladies infectieuses chez les animaux de rente. Nous nous concentrons principalement sur les zoonoses (autrement dit, des infections ou des maladies transmissibles, directement ou indirectement, des animaux aux hommes et inversement) et sur des maladies qui ont un impact purement économique. Toutes ces maladies peuvent avoir des conséquences directes ou indirectes sur la santé publique, par exemple, au travers de l’utilisation d’antibiotiques qu’elles exigent.

Dans ce cadre, Sciensano évalue les risques et compare les scénarios de lutte afin d’examiner le scénario le plus approprié (« fit for purpose ») :

  • protéger tous les animaux des maladies, par exemple par des traitements préventifs
  • miser sur une détection précoce, afin de pouvoir rapidement traiter ces animaux et les isoler du groupe
  • études de prévalence, où la portée et la nature d’une maladie sont suivies de très près de telle sorte que des actions puissent être entreprises en cas d’augmentation soudaine du nombre de sujets touchés
  • analyse coûts-efficacité d’éventuelles interventions politiques.

Dans le cadre de cette recherche, nous utilisons des données de différents systèmes de surveillance et de monitoring, et SANITEL (la plateforme d’identification, d’enregistrement et de suivi des animaux).
Étant donné que l’homme, les animaux et l’environnement sont étroitement liés et constituent un tout indissociable, ce que nous appelons le concept « One Health », Sciensano assure le suivi de l’utilisation de médicaments antimicrobiens chez les animaux de rente et dans l’agro-industrie vétérinaire. Un usage excessif d’antibiotiques chez ces animaux peut augmenter la résistance aux antibiotiques non seulement chez les animaux, mais aussi chez l’homme. Sciensano assure le suivi minutieux de l’antibiorésistance. Nous nous concentrons sur la recherche épidémiologique relative aux maladies animales contagieuses et à l’utilisation de médicaments antimicrobiens pour lesquels un plan de lutte officiel existe. Il s’articule autour de quatre axes complémentaires, mais qui exigent chacun une approche méthodologique propre :

  1. systèmes de surveillance
  2. évaluation statistique du diagnostic du laboratoire
  3. évaluation des risques et analyse coûts-efficacité
  4. soutien épidémiologique en cas de crise.

Vous souhaitez en savoir plus ?

Nos systèmes de surveillance et de monitoring constituent la pierre d’angle de notre recherche épidémiologique. Dans ce cadre, nous recourons fréquemment à des sources de données administratives comme Rendac, avec des informations sur les cadavres animaux, ou SANITEL, pour une gestion informatisée de l’identification, de l’enregistrement et du suivi des animaux (bovins, ovins, caprins, cervidés, volaille). Afin de mieux appréhender la présence d’infections spécifiques ou de problèmes de santé chez les animaux de rente, nous utilisons des enquêtes spécifiques. La plupart de nos recherches sont réalisées à la demande de l’Agence fédérale pour la Sécurité de la Chaîne alimentaire (AFSCA) et sont orientées vers des maladies animales à déclaration obligatoire et des maladies pour lesquelles un plan de lutte officiel est en cours. Par ailleurs, nous portons attention à l’exposition chimique comme dans le cas du suivi du dépérissement des abeilles.

Une partie de nos activités se concentre sur l’évaluation statistique des tests diagnostiques qui sont utilisés chez les animaux, compte tenu de l’impact économique important éventuel tant d’un faux positif que d’un faux négatif .
Dans le même cadre social, nous réalisons des évaluations de risque et élaborons des scénarios pour vérifier quels sont les coûts et l’efficacité d’éventuelles interventions politiques chez les animaux de rente et dans l’agro-industrie vétérinaire. L’introduction d’antibiotiques a contribué dans une large mesure à l’amélioration de la santé et à un taux de conversion alimentaire plus élevé chez les animaux de rente. Aujourd’hui, nous sommes toutefois confrontés à une augmentation de la résistance aux antibiotiques qui explique pourquoi les traitements ne sont plus efficaces. Les organismes résistants sont toujours plus nombreux en raison de l’utilisation non indiquée (sous-utilisation ou surutilisation) d’antibiotiques tant en médecines humaine et vétérinaire que dans l’agro-industrie vétérinaire. Le paradigme « One Health » est nécessaire pour la coordination intersectorielle afin de diminuer l’antibiorésistance. L’évaluation des coûts économiques résultant d’une utilisation erronée est un instrument déterminant dans la diminution de, principalement, la surconsommation chez les animaux de rente et dans l’agro-industrie vétérinaire.
Enfin, nous proposons un soutien épidémiologique en cas de crise avec des animaux de rente ou dans l’agro-industrie vétérinaire.


 

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