Quel effet la crise du corona a-t-elle sur la consommation et le marché de la drogue en Belgique ?

Publié le : 
Jeudi, 2 juillet 2020
Last updated on 2-7-2020 by Lieke Vervoort

Pendant la crise du corona, les usagers de drogue ont moins consommé mais toutes les drogues sont restées disponibles sur le marché. C’est ce qui ressort d’une enquête en ligne réalisée par l’Unité des drogues illégales de Sciensano auprès de personnes ayant consommé des drogues en 2020. 1 répondant sur 5 a même cessé toute consommation pendant la période où l’enquête a été réalisée.  

5 764 personnes au total ont participé à l’enquête. Elles ont au moins 18 ans, vivent en Belgique et ont consommé de la drogue en 2020. L’enquête a interrogé les répondants sur l’usage de 10 drogues différentes, à savoir ; alcool, cannabis, cocaïne, amphétamine, méthamphétamine, ecstasy/MDMA, LSD, GHB et héroïne.

La consommation de drogue a baissé pendant la crise du corona…

La consommation de drogue a sensiblement baissé après le 13 mars 2020 :

  • 60 % des consommateurs d’ecstasy ont indiqué avoir consommé moins d’ecstasy,
  • presque 1 usager de cocaïne sur 2 a consommé moins de cocaïne,
  • 45 % des consommateurs d’amphétamines en ont consommé moins,
  • 46 % des usagers de cocaïne ont même avoué n’avoir plus consommé aucune drogue après le 13 mars, tout comme 19,4 % des consommateurs d’ecstasy et 13,6 % des consommateurs de cannabis,
  • au total, 1 répondant sur 5 a même cessé toute consommation pendant la période où l’enquête a été réalisée. 

Cette diminution de la consommation est probablement due en premier lieu à la liberté de mouvement limitée pendant cette période, à la fermeture temporaire de tous les restaurants et cafés et à l’arrêt de la vie nocturne”, explique Jérôme Antoine, scientifique chez Sciensano. “Les gens n’avaient plus accès aux situations qui auparavant, donnaient lieu à une consommation de drogue et les contacts sociaux avec leurs amis ont également en grande partie disparu. Pourtant, presque 10 % des consommateurs de cocaïne et 5 % des consommateurs d’ecstasy et d’amphétamines ont avoué avoir consommé plus après le 13 mars qu’avant », ajoute-t-il.

…mais toutes les drogues sont restées disponibles sur le marché

Même si la consommation de drogue a diminué durant la crise, toutes les drogues sont restées disponibles sur le marché. L’achat de pilules d’ecstasy et d’amphétamine a toutefois diminué de deux tiers et celui de poudre d’amphétamine, d’un tiers. Le cannabis et la cocaïne ont eux aussi été moins achetés. Le prix des produits achetés n’a pas changé d’une manière significative et pour la plupart des répondants, le dealer est resté le principal fournisseur. Seule une toute petite minorité des personnes interrogées a acheté des produits en ligne.

Santé mentale problématique chez les toxicomanes pendant la crise du corona 

Environ 1 répondant sur 5 a indiqué avoir été confronté à des crises d’angoisse et 1 sur 4 à des troubles dépressifs, avec un nombre clairement plus élevé de femmes ayant rapporté ces problèmes.  1 sur 3 a vécu un manque de soutien social. 8,3 % des répondants qui ne vivaient pas seuls ont avoué avoir été victimes de violences domestiques. Sur ce pourcentage, 3,7 % ont déclaré vivre plus de violences qu’à l’accoutumée, principalement des violences verbales et psychologiques.  

Consultez l’ensemble des résultats de l’enquête 

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