Plus d'1 personne sur 10 en Belgique souffre d'un trouble mental

Publié le : 
Mardi, 28 janvier 2020
Last updated on 29-1-2020 by Daisy Tysmans

Sciensano dévoile son 5ème rapport de l’Enquête de Santé 2018 consacré au bien-être et à l’état de santé mentale de la population en Belgique. Il ressort qu’1 personne sur 5 est très satisfaite de sa vie et que deux tiers des sondés présentent un bon niveau de bien-être psychologique. Il apparaît néanmoins qu’1 adulte sur 10 environ est victime d’un trouble de la santé mentale comme l’anxiété ou la dépression. Parmi les enfants et les jeunes de 2 à 18 ans, environ 1 enfant sur 10 manifeste également l’une ou l’autre difficulté d’ordre psychologique ou comportemental qui mériterait un accompagnement professionnel. 

Le bien-être subjectif : 2 personnes sur 3 manifestent un bien-être psychologique

Le 5ème rapport de l’Enquête de Santé aborde la dimension du bien-être subjectif comme indicateur d’une bonne santé mentale chez les adultes (15 ans et plus). Le bien-être subjectif se mesure dans ce contexte par la satisfaction au regard de la vie, un haut niveau d’énergie vitale et l’absence de sentiments négatifs ou de mal-être psychologique. Les résultats indiquent que :

  • 1 personne sur 5 se dit très satisfaite de sa vie et 2 personnes sur 3 ont un niveau de bien-être psychologique qualifié de positif.
  • 12 % de la population, par contre, est très peu satisfaite de sa vie et seulement 14 % jouit d’un niveau optimal d’énergie vitale
  • 1 personne sur 3 témoigne d’un mal-être psychologique, dont les principales difficultés relevées sont de se sentir constamment tendu et stressé (29 %), de manquer de sommeil à cause de soucis (23 %), ainsi que de se sentir malheureux et déprimé (20 %).
  • 19 % de la population se dit être aujourd’hui moins optimiste qu’à l’habitude pour son futur.

« La Belgique fait partie des pays où la satisfaction de vie des habitants est élevée : avec un score de 7,4 sur une échelle allant jusqu’à 10, on se situe au-dessus de la moyenne européenne », explique Lydia Gisle, chercheuse chez Sciensano. « Mais une moyenne peut aussi cacher des inégalités. Or, nos résultats montrent que la satisfaction de vie, comme les autres indicateurs de bien-être subjectif d’ailleurs, est bien moins élevée parmi les femmes, les personnes d’âge actif, et les personnes désavantagées sur le plan socio-économique. »

La souffrance psychique toujours ausi répandue

Au-delà du bien-être subjectif, l’enquête suit également l’évolution des troubles mentaux les plus courants dans la population, comme l’anxiété, les différentes formes de dépression et les troubles du comportement alimentaire. La proportion de personnes qui en sont affectées varie assez peu par rapport à la précédente Enquête de Santé de 2013, où une nette augmentation avait été observée, à tous les niveaux, suite à la crise économique. Ainsi, en 2018 : 

  • 11 % de la population manifeste un trouble anxieux (un taux stable par rapport aux 10 % en 2013), dont un tiers présente une forme sévère.
  • 9 % souffrent d’une dépression (une baisse par rapport aux 15 % en 2013).
  • 7 % sont affectés par un trouble du comportement alimentaire de type anorexie-boulimie (8 % en 2013). Les jeunes de 15 à 24 ans sont les plus concernés (14 %). 

Ces troubles de la santé mentale ont des répercussions importantes sur la vie quotidienne et professionnelle des personnes affectées, mais aussi sur leur entourage. Selon Lydia Gisle, « si les symptômes perdurent ou sont récurrents, il est important d’en parler avec un professionnel de la santé, à commencer par son médecin généraliste, afin de trouver ensemble une prise en charge qui soit la mieux adaptée. »

Les enfants également touchés par des troubles psychiques

 

L’Enquête de Santé a, pour la première fois en 2018, examiné les troubles psychiques chez les enfants et adolescents âgés de 2 à 18 ans. Ces troubles témoignent de la souffrance des jeunes personnes et peuvent avoir un impact sur leur développement et leur vie d’adulte. Or, l’enquête révèle qu’un certain nombre d’enfants et d’adolescents éprouve :

  • des problèmes relationnels (11 %), 
  • des troubles émotionnels (10 %),
  • des troubles des conduites (9 %),
  • des troubles déficitaires de l’attention et hyperactivité (TDAH) (12 %) et 
  • une déficience au niveau des comportements prosociaux (7 %). 

« Ces chiffres correspondent aux cas les plus sévères, soit environ 10 % des enfants et des jeunes. À côté de cela, on identifie une proportion équivalente de « cas limites » pour chaque trouble considéré. Il s’agit ici de symptômes atténués de ces troubles, mais qui expriment néanmoins un mal-être, une souffrance psychique ou des problèmes d’adaptation auxquels il convient de prêter attention », ajoute Lydia Gisle. 

La nécessité d’une politique globale

Les problèmes de santé mentale concernent toutes les catégories de population, mais certaines sont plus vulnérables, et donc plus enclines à développer ces types de problèmes ou à vivre un mal-être généralisé, comme :

  • les femmes,
  • les personnes de 25 – 54 ans,
  • les seniors de plus de 75 ans et,
  • les personnes moins scolarisées.

Ces catégories plus vulnérables de la population doivent être la cible d’une attention particulière de la part des autorités publiques. Le but étant d’améliorer leurs conditions d’existence, de diminuer les inégalités dont elles sont victimes et d’optimiser leurs chances d’accéder aux ressources nécessaires pour préserver leur santé. On constate également que la région flamande est plus épargnée que les régions wallonne et de Bruxelles Capitale. Promouvoir l’équité en santé est essentiel à une meilleure qualité de vie et participe au bien-être de tous.

Sciensano souligne l’importance de continuer les efforts entrepris dans le domaine de la santé à travers les réformes déjà entamées et qui sont suivies par la Conférence interministérielle santé publique. Pour soutenir et protéger les populations mentionnées précédemment, des mesures harmonisées doivent être prises dans l’ensemble des secteurs de la société, notamment celui de l’éducation, de l’emploi, de la justice, des transports, de l’environnement, du logement, des loisirs et de la protection sociale. « Seule une politique globale, prenant en compte les différents aspects socio-économiques du problème de la santé mentale, permettra d’encadrer au mieux les populations fragilisées et de leur donner de nouvelles perspectives », conclut Lydia Gisle.

Consultez la version intégrale du rapport sur la santé mentale et le bien-être de l’Enquête de Santé 2018

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