Botulisme

Le botulisme est une maladie paralysante et potentiellement létale provoquée par les neurotoxines botuliques (BoNTs) produites par la bactérie Clostridium botulinum et, plus rarement par C. baratii et C. butyricum. Cette maladie touche les humains ainsi que les animaux mais il n’y a pas de transmission directe documentée entre un animal atteint de botulisme et l’homme.

Quels sont les types de toxines botuliques produites par C. botulinum ? 

Il existe sept types de BoNTs classés de A à G sur base de leurs propriétés immunologiques. Le botulisme humain est essentiellement associé aux toxinotypes A, B et E, et plus exceptionnellement F. Le botulisme animal est le plus souvent dû aux types C ou D chez la volaille et le bétail et aux types A, B, et C chez les chevaux.

Quelles sont les voies de transmission du botulisme ?

Il existe 3 formes différentes de botulisme : 

  • le botulisme alimentaire : provoqué par l’ingestion de toxines BoNT produites lors de la prolifération anaérobie (c’est-à-dire en l’absence d’oxygène) de la bactérie dans la nourriture
  • le botulisme infantile : provoqué par la colonisation de l’intestin par C. botulinum et par la production de toxines in situ
  • le botulisme par blessure : provoqué par la prolifération des bactéries dans une plaie contaminée.

Quels sont les symptômes chez l’homme ?

Les symptômes varient selon le type de botulisme et le degré d’exposition au BoNT. Ils se manifestent en général dans les 6 à 36 heures suivant l’exposition dans le cas du botulisme alimentaire et dans les 4 à 8 jours suivants dans le cas d’une plaie infectée.
Quelle qu’en soit la forme, les premiers symptômes sont :

  • une vision double ou brouillée 
  • une difficulté d’élocution et difficulté à avaler
  • une sécheresse de la bouche 
  • un état de fatigue. 

L’atteinte neurologique est afébrile (c’est-à-dire qu’elle ne s’accompagne pas de fièvre) et est caractérisée par une paralysie aiguë observable au niveau du visage, de la tête, de la gorge, de la poitrine et des extrémités. L’insuffisance respiratoire peut entraîner la mort.

Quels sont les symptômes chez l’animal ?

Selon la quantité de toxine ingérée, les symptômes peuvent être légers ou sévères (voire létaux). Les symptômes légers impliquent des symptômes gastro-intestinaux tandis que les symptômes sévères fréquents sont un décubitus latéral (l’animal est tourné sur le côté), des mouvements de pagayage, une dyspnée (difficultés respiratoires) avec aggravation progressive, et une dysphagie (difficulté à avaler).

Comment le diagnostic est-il réalisé ?

Le diagnostic biologique est basé sur la mise en évidence et le typage de toxine(s) botulique(s) dans le sérum (humain ou animal), et sur la recherche de toxine(s) et/ou de Clostridium neurotoxinogènes producteurs de toxine(s) dans les selles (humaines ou animales). Dans le cas des animaux, des organes comme le foie et le rein ainsi que le contenu stomacal ou du rumen peuvent également servir au diagnostic. Le diagnostic final est étayé par la mise en évidence de toxine(s) botulique(s) et/ou de Clostridium neurotoxinogène(s) dans l’aliment suspect consommé.

Quelles analyses sont réalisées en laboratoire ?

La détection de toxine(s) botulique(s) et du germe producteur de toxines est effectuée à l’aide d’un bio-essai sur souris (test de létalité). Le typage de la toxine est effectué par des tests de séroneutralisation consistant en l’ajout d’antitoxines spécifiques. Le germe (Clostridium neurotoxinogène) est recherché dans les selles des patients et dans les aliments suspects par culture d’enrichissement et méthode moléculaire (qPCR). Ceci peut être réalisé pour des échantillons de fèces, des organes (foie, rein…), le contenu gastrique, des aliments pour animaux et pour l’eau. Sur sérum, seule la recherche de toxines est effectuée. Un résultat obtenu négatif n’exclut pas le botulisme.

Comment le botulisme est-il traité ?

Le botulisme peut être traité avec un antisérum. Celui-ci ne peut faire disparaître les effets de la maladie mais peut prévenir les atteintes neurologiques ultérieures.

Quels sont les aliments à risque ?

Les aliments typiquement associés au botulisme sont les produits fermentés à base de poisson, les conserves fabriquées à domicile (telles que la viande fumée et les légumes) et conservées à température ambiante. Le botulisme infantile est surtout associé à des spores présentes dans le miel. Les infections d’origine alimentaire concernent souvent de petits groupes de deux personnes ou plus, mais des cas groupés liés à la fréquentation de restaurants sont également possibles.

Surveillance en Belgique

En Belgique, selon les données récoltées depuis 1988 par le CNR  basé chez Sciensano, le botulisme humain est une maladie assez rare. Seuls 19 cas de botulisme d’origine alimentaire ont effectivement été confirmés depuis 1988. Parmi ceux-ci, 15 cas ont été identifiés comme des cas de botulisme de type B, un cas de botulisme de type A (associé à la consommation d’un plat de pommes de terre aux oignons et au jambon) et deux cas pour lesquels ni le type ni l’origine n’ont pu être identifiés. Le botulisme de type B est prépondérant en Belgique.

Surveillance en Europe

Selon les données de surveillance de l’ECDC ; en Europe, 91 cas confirmés ont été rapportés en 2014 par 16 pays de l’UE/EEE. Treize pays n’ont eu aucun cas. Le taux de notification était donc de 0,02 cas pour 100 000 habitants. La Roumanie (31 cas), la Pologne (17 cas) et la Hongrie (12 cas) sont  les pays qui ont notifié la plupart des cas confirmés. En Europe, en 2014, le sexe ratio homme-femme observé était de 1,9 et les groupes d’âge les plus touchés étaient les hommes de 0-4 et 45-65 ans et les femmes de 0-4 et de 25 à 44 ans.
Outre les cas de botulisme alimentaire, une épidémie de botulisme chez les consommateurs de drogues a été identifiée en décembre 2014 en Norvège et en Écosse. En février 2015, 23 cas de botulisme avaient été signalés, dont 8 en Norvège et 15 en Écosse. La source de l’infection suspectée est de l’héroïne contaminée.

Sciensano est Centre National de Référence (CNR) et Laboratoire National de Référence (LNR) pour le botulisme. Cela signifie que le laboratoire effectue le diagnostic du botulisme humain et animal ainsi que la détection de C. botulinum dans les denrées alimentaires et les aliments pour animaux.

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