Carences en vitamines A et D par le biais de notre alimentation

Publié le : 
Jeudi, 17 janvier 2019
Last updated on 17-1-2019 by Sébastien Daems

Selon une étude réalisée par l’institut scientifique fédéral de recherche Sciensano et l’Université de Gand (UGent), les apports en vitamines A et D de la population belge via son alimentation sont insuffisants.

Vitamine A: de l’importance d’une alimentation équilibrée

La majeure partie de la population belge puise trop peu de vitamines A de son alimentation. C’est surtout le cas des adolescents (37%), des femmes enceintes (32%) et des femmes allaitantes (67%). Or, une quantité adéquate de vitamines A est importante pour la vue, la reproduction, le développement embryonnaire, la croissance et l’immunité.

Normalement, une alimentation variée assure une quantité suffisante de vitamines A”, affirme Isabelle Moyersoen, chercheuse chez Sciensano. Une alimentation saine et équilibrée est donc cruciale pour être en bonne santé. »

Faut-il dès lors plébisciter les suppléments de vitamines A ou les aliments enrichis en vitamines A ? La chercheuse le déconseille fortement. “La marge de sécurité entre la quantité journalière recommandée en vitamine A et la prise maximale autorisée est très faible. Il existe donc un risque non négligeable de surdose, ce qui est également dangereux pour la santé. Ce sont surtout les femmes enceintes qui doivent veiller à ne pas ingérer trop de vitamines A car un surdosage peut entraîner des malformations congénitales chez l’enfant », ajoute Isabelle Moyersoen.

Vitamine D: grossesse et allaitement en ligne de mire

La vitamine D est principalement synthétisée par la peau sous l’effet des rayons solaires. Toutefois, en cas d’exposition insuffisante, un apport en vitamine D via l’alimentation est recommandé, que ce soit via des aliments enrichis ou des suppléments. Force est néanmoins de constater que la majeure partie de la population belge a un apport insuffisant de vitamines D via ces sources d’origine alimentaire: ces dernières couvrent à peine environ un tiers de la quantité journalière recommandée.

Les suppléments en vitamine D sont particulièrement importants chez les jeunes enfants pour qui l’exposition directe au soleil est vivement déconseillée. En effet, le lait maternel ne contient pratiquement pas de vitamine D. Quant au lait maternisé (aussi appelé lait infantile), s’il est vrai qu’il est enrichi en vitamine D, les doses qu’il contient restent inférieures à l’apport journalier recommandé.

Il est également recommandé aux femmes enceintes de prendre des suppléments de vitamine D car une carence durant la grossesse peut entraîner un retard de croissance et des malformations du squelette chez l’enfant. Or, l’étude indique que 13% des nourrissons nourris au sein, 31% des nourrissons alimentés avec du lait maternisé et 30% environ des femmes enceintes ne prennent pas de supplément de vitamine D.

« Chez les nourrissons qui reçoivent des suppléments de vitamine D, nous constatons que 26% en prennent de trop », ajoute Isabelle Moyersoen. « Le Conseil supérieur de la santé recommande un supplément de vitamine D de 10 microgrammes par jour pour les enfants. Or, nous observons sur le terrain de grandes différences dans les recommandations. Au niveau national, il serait donc souhaitable d’atteindre un consensus afin d’éviter des surdosages, car ceux-ci sont aussi potentiellement néfastes pour la santé », conclut la chercheuse.

Au niveau de la population belge dans sa totalité, l’étude met en lumière que l’apport des produits alimentaires déjà volontairement enrichis contribue de manière insuffisante à la prise de vitamine D. En outre, seul un quart de la population prend des suppléments de vitamine D. Des recherches complémentaires réalisées par Sciensano indiquent qu’un enrichissement systématique en vitamine D de certains produits alimentaires au niveau national s’avèrerait être une stratégie prometteuse pour en assurer une prise suffisante au sein de la population.

L’étude

Financée par le SPF Santé publique, cette étude de l’institut scientifique fédéral de recherche Sciensano et de l’Université de Gand entend mesurer le risque lié à un apport insuffisant de vitamines liposolubles par le biais de l’alimentation, d’aliments enrichis et de suppléments. Pour les données relatives à la prise de vitamines au sein de la population belge, les chercheurs se sont basés sur l’Enquête de consommation alimentaire de Sciensano. Pour les groupes à risques (nourrissons, bébés, femmes enceintes et allaitantes), les chercheurs ont réalisé des enquêtes auprès de répondants recrutés par l’ONE, Kind en Gezin et des hôpitaux répartis de manière représentative sur le territoire belge. Pour vérifier si la prise était suffisante ou pas, les doses ingérées par la population ont été confrontées aux normes fixées l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA).

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