84 % des hôpitaux belges préviennent efficacement les infections liées aux soins de santé

Publié le : 
Lundi, 2 décembre 2019
Last updated on 2-12-2019 by Lieke Vervoort

De nombreux efforts sont fournis par les hôpitaux belges pour éviter les infections qu’un patient peut contracter lors d’un séjour à l’hôpital. C’est ce qui ressort de l’étude de Sciensano, l’Institut belge de santé, qui examine, sur base d’indicateurs de qualité, le programme de prévention et de contrôle des infections liées aux soins à l’hôpital. Ce type de programme est important afin de limiter le nombre de ces infections. 

Mieux préparés face aux infection liées aux soins

Pour mener cette étude, Sciensano a utilisé les indicateurs développés par la BAPCOC, la Commission belge de coordination de la politique antibiotique. « Grâce à ces indicateurs, nous avons analysé dans quelle mesure les programmes visant à éviter les infections lors d’hospitalisations répondent à ce que la BAPCOC définit aujourd’hui comme référence. Il semble que 84 % des hôpitaux en Belgique respectent très bien ces indicateurs », explique Elisabeth Miller, chercheuse chez Sciensano. Depuis le début de ce projet en 2013, les hôpitaux fournissent de plus en plus d’efforts avec la mise en place de moyens qui permettent d’éviter ce type d’infections.

Le nombre d’indicateurs a été élargi en 2017. Depuis lors, on constate de nombreuses améliorations, particulièrement en ce qui concerne le nombre d’audits réalisés. Ces audits permettent d’analyser si les procédures et les lignes de conduite sont appliquées correctement. Les augmentations les plus importantes se situent au niveau des hôpitaux qui pratiquent ces audits pour : 

  • limiter le nombre d’infections de plaies post-chirurgicales (de 34 % en 2017 à 55 % en 2018)
  • la pose et l’entretien des cathéters veineux centraux (de 54 % en 2017 à 76 % en 2018)
  • prévenir la transmission des micro-organismes par le biais du dépistage (de 45 % en 2017 à 70 % en 2018). Au cours du dépistage, les patients qui ne présentent pas (encore) de symptômes sont soumis à des tests de détection de la présence de certains micro-organismes, afin que toutes les mesures nécessaires puissent être prises et que les traitements puissent démarrer aussi rapidement que possible.
  • prévenir la transmission des micro-organismes par contacts, par gouttes ou par l’air (de 53 % en 2017 à 80 % en 2018)
  • le respect de la procédure lors de la prise en charge de porteurs MDRO connus (de 39 % en 2017 à 68 % en 2018). Les porteurs de MDRO sont des patients porteurs d’une bactérie résistante ou d’une bactérie à laquelle les antibiotiques ne sont plus sensibles.

Les types d’indicateurs

Sciensano évalue les hôpitaux belges sous l’angle de 4 indicateurs :

  • Les indicateurs organisationnels examinent notamment s’il existe un plan stratégique général de lutte contre les infections associées aux soins de santé et si des réunions sont organisées sur les infections associées aux soins de santé.
  • Les indicateurs de ressources étudient les ressources dont disposent les hôpitaux pour prévenir et combattre les infections associées aux soins de santé, telles que le nombre d’hygiénistes hospitaliers et la formation en matière d’hygiène hospitalière.
  • Les indicateurs d’activité analysent, par exemple, la présence de procédures et la surveillance visant à prévenir les infections associées aux soins.
  • Les indicateurs de processus examinent, par exemple, la consommation de désinfectant pour les mains.
     

Points d’améliorations

Malgré les bons résultats des hôpitaux belges, Sciensano estime qu’il y a encore matière à amélioration. « Nous voulons surtout dire aux hôpitaux qu’ils doivent continuer le travail entrepris. Ils se portent bien, mais doivent continuer à suivre leurs programmes de prévention et de contrôle des infections liées aux soins sur base des indicateurs de qualité », déclare Elisabeth Miller. Les améliorations qu’il reste à apporter concernent plus particulièrement les indicateurs évaluant la présence d’audits, qui contrôlent le respect des procédures existantes, et les indicateurs qui examinent les infections en soins intensifs et les plaies après chirurgie.

Sciensano encourage également la BAPCOC et les chercheurs à continuer à affiner les indicateurs. Ils peuvent ainsi continuer à évaluer les aspects les plus importants de la prévention des infections ainsi que leur qualité dans les hôpitaux. Sciensano conseille aux politiques de continuer à soutenir ce projet et à mettre en place un contrôle de qualité externe pour valider les données collectées. Sciensano souligne aussi l’utilité de réévaluer et éventuellement d’adapter la législation en vigueur concernant le personnel requis pour la prévention et le contrôle des infections en cas d’hospitalisation en fonction des besoins actuels.

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