En bref
Les infections acquises en laboratoire (IAL) font référence à des infections humaines, contractées au sein d’une installation de confinement biologique (également appelée laboratoire), lors de la manipulation d’agents biologiques pathogènes (à savoir les agents responsables des maladies, comme les bactéries, les virus, les parasites, etc.). Les IAL peuvent en premier lieu toucher le personnel de l’installation de confinement biologique, mais peuvent également devenir un problème de santé publique plus important si l’un des membres du personnel infectés transmet l’agent biologique au public et/ou à l’environnement. Le contrôle et une réaction en temps opportun aux IAL représentent dès lors des éléments importants pour éviter un préjudice (public) après une infection involontaire. C’est pourquoi Sciensano, en collaboration avec Perseus BVBA, a examiné la manière dont les IAL sont contrôlées et vécues en Europe, au Canada et aux États-Unis. Nous avons également introduit un modèle qui pourrait permettre un meilleur contrôle des IAL.
Description du projet
Les infections acquises en laboratoire (IAL) font référence à toutes les infections humaines directes ou indirectes, qu’elles soient symptomatiques ou asymptomatiques, après une exposition occupationnelle à des agents biologiques au sein d’une installation de confinement biologique. L’objectif de cette étude était de donner une idée des options légales pour des mesures de prévention spécifiques (en particulier, la vaccination et l’exclusion d’employés candidats) et le contrôle des IAL, ainsi que leurs valeur et faisabilité.
Le contrôle des IAL vise à :
- détecter (rapidement) l’occurrence d’un effet indésirable avec un risque d’infection humaine.
- prévenir les conséquences pour la santé humaine et l’environnement
- élaborer des preuves de l’efficacité des mesures de confinement requises (biosécurité fondée sur des preuves).
Un modèle conceptuel a été développé dans le cadre du projet pour définir différents niveaux de contrôle, comme représenté dans l’image ci-dessous :
- exposition potentielle
- l’employé qui est exposé aux agents biologiques
- l’infection occupationnelle, qui peut commencer avec ou sans l’indication d’une exposition (p. ex. incident biologique)

Résultats
Les résultats clés du projet sont les suivants :
- les directives 2009/41/EC et 2000/54/EC sont complémentaires et prévoient des possibilités de suivi (monitoring)
- le monitoring des LAl pourrait permettre de mieux connaître les risques et de mieux les gérer
- bien que la législation issue des directives 2009/41/EC et 2000/54/EC soit complémentaire, différentes autorités gouvernementales pourraient être impliquées dans leur application, entraînant une fragmentation de l’autorité. Par conséquent, les obligations de notification et de suivi pourraient être négligées.
- le risque d’effets biologiques négatifs induit par des activités impliquant des agents biologiques, y compris des OGM, pour l’environnement et la population :
- est considéré comme faible, sur la base des données limitées, et n’est donc pas une priorité sur le plan social
- ne peut pas être complètement écarté, principalement en raison des agents non-OGM liés aux activités de recherche et développement (et relativement moins aux activités diagnostiques)
- le partage d’OGM est marginal, ceux-ci étant souvent intrinsèquement «maîtrisés» en termes de risque pour la population et l’environnement (ex. auxotrophie, non réplication, atténuation).
- il n’existe pas de système de rapportage centralisé pour les IAL et les accidents impliquant des agents biologiques
- le nombre de «leçons retenues» est limité, ce qui entraîne :
- des données incomplètes et fragmentées sur les IAL
- une gestion du risque non optimale pour éviter des accidents similaires et assurer l’organisation pragmatique des exigences légales.
Ce projet a été commandé par la COGEM. Le contenu relève de l’entière responsabilité des auteurs et ne peut en aucun cas être utilisé pour représenter les opinions de la COGEM.
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