Iode

Last updated on 7-7-2025 by Thérésa Lebacq

Pourquoi étudier l’apport en iode ?

  • L’iode est un micronutriment essentiel et un composant clé de l’hormone thyroïdienne, qui régule de nombreux processus métaboliques. Par extension, l’iode joue un rôle important dans la modulation du métabolisme de base, la régulation de la température corporelle, la croissance, le développement neurologique et les fonctions cognitives. 
  • L’iode se trouve sous deux formes dans les aliments : l’iodure (I-) et l’iodate (IO3-). Il est naturellement présent dans des produits animaux et végétaux tels que les produits laitiers, le poisson, les œufs, les céréales et les produits céréaliers, ainsi que le sel enrichi en iode. 
  • La carence en iode étant un problème de santé publique, en Belgique également, le sel de table est enrichi afin d’améliorer le statut en iode de la population. Le Conseil Supérieur de la Santé  recommande d’utiliser du sel iodé en remplacement du sel de table ordinaire, en tant que source supplémentaire d’iode. Il n’est toutefois pas recommandé de consommer davantage de sel pour améliorer le statut en iode, en raison des conséquences négatives d’une consommation excessive de sel.
  • La carence en iode est un problème nutritionnel courant, en particulier chez les femmes enceintes et allaitantes et chez les jeunes enfants. Un apport insuffisant en iode peut entraîner des troubles dus à une carence en iode, provoquant une altération du développement cognitif et physique chez l’enfant, et de la fatigue, un ralentissement mental, une prise de poids et des troubles métaboliques chez l’adulte. Le Conseil Supérieur de la Santé belge indique qu’une alimentation saine et variée, optant pour du sel iodé et des produits fabriqués avec du sel iodé (comme le pain), fournit suffisamment d’iode. De ce fait, la prise de compléments alimentaires contenant de l’iode n’est pas recommandée pour la population générale. Pour les femmes enceintes et allaitantes, une dose journalière comprise entre 50 et 100 µg/jour est toutefois recommandée.
  • Bien que la carence en iode soit un problème répandu, en particulier chez les femmes enceintes et allaitantes, il est important de noter qu’un apport excessif d’iode, en particulier par le biais de compléments alimentaires, peut avoir des effets indésirables, tels que des troubles de la thyroïde, comme le goitre. Suivre l’apport en iode dans la population est essentiel pour assurer un équilibre entre suffisance et sécurité.

 

Comment l’avons-nous étudié ?

  • L’apport en iode dans la population a été calculé à l’aide du programme SPADE®. La méthodologie détaillée est disponible ici.
  • La proportion de la population ayant un apport insuffisant en iode (en considérant l’apport des aliments, d’une part, et l’apport des aliments et des compléments alimentaires, d’autre part) a été calculée comme la proportion de la population ayant un apport en iode inférieur aux valeurs de référence fixées par l’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) : 90 µg/jour pour les enfants, 120 à 130 µg/jour pour les adolescents, selon l’âge, et 150 µg/jour pour les adultes âgés de 18 ans et plus.
  • La proportion de la population ayant un apport trop élevé en iode (en considérant l’apport des aliments et des compléments alimentaires consommés) a été estimée en comparant la distribution de l’apport en iode dans la population aux valeurs de référence fixées par l’EFSA, à savoir entre 200 et 300 µg/jour pour les enfants selon l’âge, entre 450 et 500 µg/jour pour les adolescents selon l’âge, et 600 µg/jour pour les adultes de 18 ans et plus.
  • En raison de limitations statistiques, les résultats concernant l’iode ne peuvent pas être présentés selon le niveau d’instruction ni selon la région.
  • Les chiffres présentés sur cette page n’incluent pas l’apport d’iode provenant de l’utilisation de sel iodé ajouté pendant la cuisson ou à table. Par conséquent, les résultats présentés ci-dessous sont sous-estimés.  

RÉSULTATS CLÉS

L’apport moyen en iode provenant de l’alimentation est de 104 µg/jour. Il passe à 109 µg/jour lorsque les compléments alimentaires sont également pris en compte
0,2 % de la population est exposée à un risque d’apport excessif en iode, lorsque l’alimentation et les compléments alimentaires sont considérés conjointement
L’apport moyen en iode provenant de l’alimentation a diminué de 145 µg/jour en 2014-2015 à 103 µg/jour en 2022-2023
Les produits laitiers et leurs substituts (27%), ainsi que les céréales et les produits céréaliers (22%), sont les principaux groupes d’aliments contribuant à l’apport en iode
Les compléments alimentaires contribuent à 3 % de l’apport total en iode

Proportion de la population prenant des compléments alimentaires contenant de l’iode

  • 5 % de la population belge âgée de 3 ans et plus prend des compléments alimentaires contenant de l’iode.

Selon le sexe

Apport moyen en iode (µg/jour) dans la population âgée de 3 ans et plus, selon le sexe, Belgique : 2022-2023

  • Moyenne brute = résultats pondérés pour la saison, l’âge, le sexe et le statut socio-économique.
  • Les résultats sont basés sur des valeurs nutritionnelles de référence définies comme des apports satisfaisants et des limites supérieures de sécurité.
  • L’apport moyen en iode provenant de l’alimentation est de 104 µg/jour dans la population âgée de 3 ans et plus. Il passe à 109 µg/jour si les apports venant de l’alimentation et des compléments alimentaires sont considérés conjointement. 
  • Les hommes ont un apport moyen en iode provenant de l’alimentation plus élevé (114 µg/jour) que les femmes (94 µg/jour). Lorsque les compléments alimentaires sont également pris en compte, cette tendance se maintient, avec des apports moyens de 116 et 102 µg/jour pour les hommes et les femmes, respectivement. 

Apport en iode : (A) insuffisant ; (B) excessif, dans la population âgée de 3 ans et plus, selon le sexe, Belgique : 2022-2023

A. Apport en iode insuffisant

  • Les résultats ne permettent pas de confirmer si l’apport en iode (provenant de l’alimentation et provenant de l’alimentation et des compléments alimentaires) est adéquat, que ce soit dans la population globale ou séparément pour les hommes et les femmes. Pour les garçons âgés de 3 à 9 ans et de 10 à 12 ans, il est en revanche possible de déterminer que ceux-ci ont un apport en iode adéquat.  

B. Apport en iode excessif

  • La proportion de la population ayant un apport excessif en iode provenant de l’alimentation est de 0,1%. Cette proportion est de 0,1 % chez les hommes et proche de zéro chez les femmes.  
  • Lorsque les apports provenant de l’alimentation et des compléments alimentaires sont pris en compte, c’est 0,2 % de la population qui présente un apport excessif en iode. Dans ce cas, cette proportion est de 0,2 % chez les femmes et 0,1 % chez les hommes.

Selon l’âge

Apport moyen en iode (µg/jour) dans la population âgée de 3 ans et plus, selon l’âge, Belgique : 2022-2023

  • Moyenne brute = résultats pondérés pour la saison, l’âge, le sexe et le statut socio-économique.
  • Les résultats sont basés sur des valeurs nutritionnelles de référence définies comme des apports satisfaisants et des limites supérieures de sécurité.
  • Le groupe des personnes âgées de 65 ans et plus ne comprend pas les personnes résidant dans des établissements de soins, les personnes hospitalisées ou celles qui auraient eu besoin d’une assistance importante pendant les entretiens (par exemple, les personnes souffrant de troubles cognitifs).
  • L’apport moyen en iode provenant de l’alimentation augmente avec l’âge, en passant de 97 µg/jour chez les enfants à 110 µg/jour chez les adultes âgés de 65 ans et plus.    
  • Lorsque les apports provenant de l’alimentation et des compléments alimentaires sont considérés conjointement, le schéma est le même, avec des apports en iode allant de 98 µg/jour chez les enfants à 113 µg/jour chez les adultes âgés de 65 ans et plus. 

Apport en iode : (A) insuffisant ; (B) excessif, dans la population âgée de 3 ans et plus, selon l’âge, Belgique : 2022-2023

A. Apport en iode insuffisant

  • Les résultats ne permettent pas de confirmer si l’apport en iode (provenant de l’alimentation et provenant de l’alimentation et des compléments alimentaires) est adéquat dans les différents groupes d’âges. Pour les garçons âgés de 3 à 9 ans et de 10 à 12 ans, il est en revanche possible de déterminer que ceux-ci ont un apport en iode adéquat. 

B. Apport en iode excessif

  • La proportion de personnes ayant un apport excessif en iode provenant de l’alimentation est proche de zéro dans tous les groupes d’âge, excepté chez les enfants dont 0,6 % ont un apport excessif. 
  • Lorsque les apports provenant de l’alimentation et des compléments alimentaires sont considérés conjointement, la proportion de personnes ayant un apport excessif en iode reste nulle chez les adultes âgés de 65 ans et plus et se situe autour de zéro chez les adolescents. En revanche, 0,1 % des adultes âgés de 18 à 64 ans et 0,7 % des enfants présentent un risque d’apport excessif.  

Selon l’année d’enquête

Apport moyen en iode (µg/jour) dans la population âgée de 3 à 64 ans, selon l’année d’enquête, Belgique : 2022-2023

  • Moyenne brute = résultats pondérés pour la saison, l’âge, le sexe et le statut socio-économique.
  • Les résultats sont basés sur des valeurs nutritionnelles de référence définies comme des apports satisfaisants et des limites supérieures de sécurité.
  • Les adultes âgés de 65 ans et plus ne sont pas inclus car ils ne faisaient pas partie de la population cible de l’enquête de 2014-2015.
  • L’apport moyen en iode provenant de l’alimentation dans la population âgée de 3 à 64 ans a diminué de 145 µg/jour en 2014-2015 à 103 µg/jour en 2022-2023.   
  • L’apport moyen en iode provenant de l’alimentation et des compléments alimentaires est passé de 150 µg/jour en 2014-2015 à 108 µg/jour en 2022-2023.

Apport en iode : (A) insuffisant ; (B) excessif, dans la population âgée de 3 à 64 ans, selon l’année d’enquête, Belgique : 2022-2023

A. Apport en iode insuffisant

  • Tant en 2014-2015 qu’en 2022-2023, les résultats ne permettent pas de confirmer si l’apport en iode provenant de l’alimentation et des compléments alimentaires est adéquat. 

B. Apport en iode excessif

  • La proportion de la population exposée à un risque d’apport excessif en iode est restée inchangée entre 2014-2015 et 2022-2023, se maintenant à 0,1 % lorsque seul l’apport provenant de l’alimentation est considéré, et à 0,2 % lorsque les compléments alimentaires sont également pris en compte.

Contribution des aliments et des compléments alimentaires à l’apport en iode

Contribution des aliments et des compléments alimentaires à l’apport en iode dans la population âgée de 3 ans et plus, Belgique : 2022-2023

  • Proportion brute = résultats pondérés pour la saison, l’âge, le sexe et le statut socio-économique.
  • Le lait, les produits laitiers et les alternatives végétales (27 %), ainsi que les céréales et les produits céréaliers (22 %), sont les principaux groupes d’aliments contribuant à l’apport en iode. 
  • Les compléments alimentaires contenant de l’iode contribuent à 3 % de l’apport total en iode. 

Veuillez citer cette page de la manière suivante : Sciensano. Micronutriments : Iode, Enquête de consommation alimentaire 2022-2023, Juin 2025, Bruxelles, Belgique, https://www.sciensano.be/fr/resultats-de-lenquete-nationale-de-consommation-alimentaire-2022-2023/micronutriments-mineraux-et-oligo-elements/iode

Plus de résultats

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